Ecrit par :
Olivier CAMBRAY


21 avril 2020

Bien sûr il y a de nombreux métiers qui nécessitent une présence physique sur site  et il y en a également beaucoup qui peuvent s’organiser au moins en partie en télé-travaillant.

 
On en parlait souvent mais on l’avait encore peu mis en place à de rares exceptions près. Confinement oblige, plusieurs millions de salariés se sont trouvés  en situation de télétravail du jour au lendemain. 


De la théorie à la  pratique peut aussi se traduire du rêve à la réalité !


N’a-t-on pas un peu trop idéalisé le télétravail ? En tous les cas avec l’expérimentation grandeur nature que nous sommes en train de vivre on en mesure mieux les bienfaits mais aussi ses limites.


Indépendance, gain de temps, amélioration de la qualité de vie, meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie de famille, plus grande efficacité sont autant d’atouts souvent mis en avant pour vanter les mérites du télétravail. 

 

Mais qu’en est-il vraiment ?

Bien sûr chacun a pu imaginer ce en quoi le télétravail serait bénéfique pour lui : moins de fatigue due aux transports, plus grande concentration, moins d’interruptions et de frictions, le fait d’aller à l’essentiel mais aussi pauses et sieste à discrétion. Bref une plus grande liberté dans l’action qui renforcerait le sens des responsabilités.

Tout cela est certainement vrai  mais en partie seulement. Confronté à un télétravail forcé toute la semaine, beaucoup commencent à regretter le bureau. Et l’eldorado que représentait le télétravail commence à s’étioler.

On déchante un peu au fil des semaines. Ce désenchantement est dû en grande partie au confinement que nous vivons et qui parasite le bon fonctionnement du télétravail.

L’omniprésence des enfants mais aussi parfois  de son compagnon ou de sa compagne (et oui …) n’arrangent pas toujours la situation et ce parfois dans des espaces réduits.

Jongler entre travail, gestion de la maison et éducation des enfants  n’est pas facile et on a souvent du mal à trouver la bonne organisation.

 

Alors le « work  at home » aurait-il du plomb dans l’aile ?

Alors qu’avant beaucoup de salariés privés de télétravail se demandaient pourquoi  les entreprises qui les emploient n’y avaient pas recours, beaucoup aujourd’hui placés en télétravail permanent aspirent à revenir au bureau (ce sont très souvent les mêmes !).

On touche peut-être du doigt le fait qu’il n’y pas de solution idéale et que bien évidemment travail sur site et télétravail ne sont pas exclusifs l’un de l’autre mais peuvent se conjuguer à merveille si l’on met en place une bonne organisation.

Rythmer sa journée de travail par exemple n’est pas si simple. Quand on va au bureau, la journée est cadencée par les temps de transport, les temps de réunion, de formation, de travail au bureau et  en déplacement etc… Certes les journées sont denses et parfois fatigantes et stressantes mais elles sont bercées  par des rituels qui in fine nous conviennent.

Quand on se retrouve chez soi et que l’on ne s’oblige pas à reconstruire ses  rituels on peut vite se perdre et être dans une situation psychologiquement difficile à vivre. Travailler chez soi  nécessite de structurer son temps, de se contraindre avec des délais.

Quand on assouplit un peu trop son cadre que ce soit sur site et encore plus en télétravail  on peut partir très vite en vrille. La perte de  confiance, l’isolement, le manque d’interactions peuvent  facilement envahir le quotidien du télétravailleur surtout si le management n’est pas adapté. Et l’on peut finir par se sentir hors-jeu !

On est en train de découvrir que tout ce que l’on opposait finalement se complète !

 

Oui on peut à la fois vouloir échapper aux bouchons et aux transports en commun et voir régulièrement ses collègues.


Oui on peut vouloir une meilleure articulation entre vie professionnelle et vie privée et conserver un lien social fort.


En fin de compte rien n’est incompatible, tout peut se concilier surtout avec les outils digitaux dont nous disposons aujourd’hui  qui nous permettent de travailler à distance.


Ce que l’on aura appris de ce télétravail imposé c’est qu’il n’est pas la panacée mais qu’il est quand même très intéressant.


Entre les dogmatiques du présentiel et les aficionados du télétravail, le confinement nous aura enseigné une chose c’est le besoin de trouver le bon équilibre !


Rien ne sera plus comme avant  et donc à chaque employeur en concertation avec ses salariés de réfléchir aux nouvelles organisations du travail qui à n’en pas douter seront faites d’un subtil dosage entre travail  sur site et chez soi.


Et si c’était in fine  une stratégie « win-win » ?


Si vous le souhaitez, nous pourrons y réfléchir ensemble.